Les vacances sont souvent idéalisées comme des parenthèses heureuses et reposantes.
Pourtant, elles comportent aussi de nombreux temps dits « morts » : trajets, attentes, fins de journée, moments sans programme précis.
Ces instants peuvent générer de l’agitation, de l’ennui ou des tensions.
Mais ils peuvent aussi devenir des espaces précieux de lien, à condition de changer de regard.
Transformer les temps morts en temps de lien, ce n’est pas les remplir à tout prix, mais les habiter autrement.
Pourquoi les temps morts sont souvent inconfortables
Dans le quotidien, les emplois du temps sont structurés.
À l’école comme à la maison, les enfants évoluent dans des cadres rythmés et prévisibles.
En vacances, ces repères disparaissent partiellement.
L’absence de structure peut déstabiliser, surtout chez les jeunes enfants qui ont encore besoin de cadres sécurisants.
L’ennui ou l’agitation qui émergent ne sont pas des problèmes à corriger, mais des signaux à comprendre.
Ce que dit la recherche sur l’ennui et la relation
Les recherches en psychologie du développement montrent que les temps non structurés jouent un rôle important dans le développement émotionnel et relationnel.
Selon plusieurs travaux relayés par le CNRS, l’ennui permet à l’enfant de développer sa créativité, sa capacité d’auto-régulation et son imagination.
Lorsque l’adulte reste disponible et présent, ces temps deviennent des opportunités de co-régulation plutôt que des sources de tension.
Habiter les temps morts sans les remplir
Transformer un temps mort en temps de lien ne nécessite pas d’activité formelle.
Être présent sans diriger
Partager un silence, observer ensemble, commenter ce qui se passe autour crée un lien simple et sécurisant.
L’enfant n’a pas besoin d’une animation constante, mais d’une présence stable.
Accueillir l’ennui
Dire à un enfant qu’il a le droit de s’ennuyer l’aide à ne pas vivre ce moment comme un échec.
L’ennui peut devenir un espace de création spontanée, à condition de ne pas être immédiatement comblé.
Les moments propices au lien pendant les vacances
Certains temps se prêtent particulièrement à la relation.
- les trajets en voiture ou en train
- les temps d’attente
- les fins de journée
- les moments avant le coucher
Ces instants offrent un cadre plus lent, favorable à l’échange et à l’observation mutuelle.
🌿 Astuce PapaZen
En vacances, ralentir le rythme plutôt que multiplier les activités permet souvent de réduire les tensions.
Les temps non programmés sont parfois ceux où le lien se renforce le plus.
Ce que l’enfant construit dans ces temps partagés
Lorsque les temps morts sont vécus comme des temps de présence, l’enfant développe :
- une tolérance accrue à l’attente
- une capacité à s’occuper autrement
- un sentiment de sécurité dans la relation
- une association positive avec la simple présence de l’adulte
Ces compétences soutiennent son autonomie émotionnelle.
✅ Conclusion
Les vacances n’ont pas besoin d’être remplies pour être réussies.
En transformant les temps morts en temps de lien, les parents offrent à l’enfant une expérience précieuse : celle d’une relation disponible, même dans le vide apparent.
C’est souvent dans ces espaces simples que se tissent les souvenirs les plus durables.
Sources (en français)
- CNRS – Ennui, créativité et développement de l’enfant
- INSERM – Rythmes de vie et régulation émotionnelle
- Catherine Gueguen – Pour une enfance heureuse
- Boris Cyrulnik – Les nourritures affectives
- Naître et Grandir (édition francophone)
